Métiers, compétences, technologies : quel avenir pour la veille stratégique dans un environnement profondément transformé par l'IA et les nouveaux usages de l'information ?
Le métier de veilleur entre dans une nouvelle phase de transformation.
L'arrivée de l'intelligence artificielle, l'évolution des usages et la multiplication des sources d'information redéfinissent progressivement les missions, les compétences et les outils des professionnels de la veille.
En cette rentrée, nous proposons un diagnostic stratégique des mutations profondes du secteur et croisons les regards de professionnels expérimentés et de la nouvelle génération de veilleurs.
Au programme :
- Comment les plateformes de veille doivent évoluer pour accompagner ces nouveaux usages
- Quelles compétences deviennent indispensables pour les professionnels de l'information
- Regards croisés et perspectives : quelle place pour le veilleur de demain ?
Intervenants :
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Sylvie Sage - Responsable Business Research Center, Deloitte France | |
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Fiona Noyer - Analyste veille stratégique, CCCA BTP | |
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Alexis Wicikowski - Chargé de projets coordinations stratégiques & intégration de l'IA, CCI France | |
# Webinar Sindup — L'avenir du métier de veilleur et des plateformes de veille
**Intervenants :** Adrien Sassot (Marketing Operations Manager, Sindup — animateur), Mickaël Réault (CEO, Sindup), Sylvie Sage (Responsable Business Research Center, Deloitte France), Fiona Noyer (analyste veille stratégique, CCCA-BTP) et Alexis Wicikowski (chargé de projets coordinations stratégiques & intégration de l'IA, CCI France).
**Sujet :** Regards croisés sur les mutations du métier de veilleur et des plateformes de veille à l'ère de l'IA générative — sourcing, gouvernance, compétences, et échanges avec le public.
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## Introduction *(≈ 0 min)*
**Adrien Sassot :** Bonjour à tous, nous voilà connectés pour ce nouveau webinar. Il y a déjà plus d'une centaine de connectés, une belle explosion d'inscriptions pour ce sujet qui donne visiblement envie d'en savoir plus et d'échanger. Nous avons du beau monde autour de la table aujourd'hui pour parler de l'avenir du métier de veilleur et des plateformes de veille. L'idée est vraiment de partager des expériences et des regards croisés, toujours en fil rouge avec l'ère de l'IA générative, qui va forcément réinventer beaucoup de métiers dans notre écosystème.
On fait un petit tour de table rapide, juste en un mot, dans l'ordre : Mickaël ?
**Mickaël Réault :** Bonjour tout le monde.
**Adrien Sassot :** Merci, de Sindup. On a Sylvie.
**Sylvie Sage :** Bonjour tout le monde !
**Adrien Sassot :** On a Fiona.
**Fiona Noyer :** Bonjour.
**Adrien Sassot :** Et Alexis, de la CCI France.
**Alexis Wicikowski :** Bonjour à tous.
**Adrien Sassot :** On prendra un peu le temps que chacun fasse le tour de son expérience, de ce qu'il fait et de ce qu'il peut partager. Côté programme du jour, l'idée est d'introduire le sujet vis-à-vis de ce métier qui évolue, puis de faire un tour de table avant d'échanger sur une dizaine de sujets : le sourcing, l'apprentissage dans les organisations, les limites et les risques, la traçabilité. N'hésitez pas à poser vos questions dans l'onglet prévu tout au long de l'échange, nous les reprendrons à la fin. Je te laisse la main pour démarrer, Mickaël ?
**Mickaël Réault :** Merci Adrien, bonjour tout le monde.
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## Automatiser la veille : une fausse bonne idée *(≈ 3 min)*
**Mickaël Réault :** Pour introduire ce webinar sur l'avenir de la veille, un mot sur ce qu'on entend par veille. La question de savoir si oui ou non la veille a vocation à être totalement automatisée, étant donné l'état de l'art, la réponse est claire : on peut tout automatiser, il n'y a aucun doute là-dessus — y compris, potentiellement, la prise de décision, avec des organisations 100 % autonomes. Mais la vraie question n'est pas de savoir si on peut, elle est de savoir ce que l'on veut, et surtout dans quel but : prendre de bonnes décisions, des décisions éclairées.
Et à partir du moment où l'on considère qu'une organisation a pour vocation de prendre des décisions humaines, avec une gouvernance humaine, alors tout automatiser serait la pire erreur. Parce que le chemin est aussi important que la destination en veille. C'est un processus hybride, avec des itérations entre une part d'automatisation et d'outils, et une part d'humain. Einstein disait que l'expérience crée la connaissance, et que tout le reste n'est que de l'information — ça n'a jamais été aussi d'actualité. La veille est aussi un processus qui consiste à mieux comprendre, à mieux appréhender notre environnement et ses évolutions. C'est donc un processus très humain, dès lors que la décision finale a vocation à rester humaine — ce qui reste le cadre de la quasi-totalité des organisations aujourd'hui, même si la question deviendra peut-être demain un débat de société sur ce qu'est une entreprise. Ce n'est pas l'objet du débat qu'on veut ouvrir aujourd'hui.
La valeur du chargé de veille, et de l'humain dans le processus de veille, reste donc centrale — avec tout ce que l'IA ne peut absolument pas remplacer : l'expérience, la connaissance du monde réel, qui donnent toute leur valeur au processus. L'IA, dans ce paradigme, n'est là que pour gagner du temps au service de ce processus humain de mise en perspective, d'intégration de connaissances et de prise de décision éclairée. On peut donc automatiser de plus en plus de tâches chronophages à faible valeur ajoutée, au profit de toujours plus d'analyse, de mise en perspective et d'intelligence collective — cet enrichissement par l'expertise, l'expérience et le terrain qui reste le propre de ce que l'humain apporte au processus de veille.
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## La diversité des sources, critère de plus en plus déterminant *(≈ 6 min)*
**Mickaël Réault :** Il y a une autre dimension qui se révèle progressivement avec la montée de l'IA dans la différenciation d'une démarche de veille et des outils qui vont avec : c'est la diversité des sources. Ça a toujours été vrai, mais c'est de plus en plus un critère déterminant qui distingue les outils et les points de contact à forte valeur ajoutée. Car plus on intègre d'IA et d'automatisation, plus on tend vers une forme de standardisation — là où l'innovation, tout ce qui est à la marge, tous les signaux faibles, ont tendance à être lissés. D'où l'importance de réinjecter de la diversité de sources, mais aussi de la diversité cognitive, donc du collaboratif.
**Adrien Sassot :** C'est aussi une histoire technique de connecteurs. On est justement dans une période où les connecteurs sont de plus en plus souples et évolutifs avec l'IA.
**Mickaël Réault :** Oui, complètement. Pas plus tard que ce matin, j'étais sur un nouveau projet client autour de bases spécialisées — des médias en ligne, des équipes de journalistes, dans le secteur de la finance en l'occurrence. On voit une vraie maturité dans l'évolution de ces connecteurs, aussi bien technique — avec l'IA, il est plus facile de créer des connecteurs pour enrichir la veille — que dans le modèle économique des fournisseurs de données. Prenons l'exemple de la presse spécialisée : avant, leurs données étaient plutôt fermées, il fallait un compte dédié ou passer par de grands agrégateurs, ce qui pouvait coûter cher. Aujourd'hui, de plus en plus de médias spécialisés créent des modèles beaucoup plus accessibles, parce qu'eux aussi ont fait leur avancée avec l'IA : mise en place de connecteurs API, de MCP, spécifiquement pour les IA — ce qui apporte encore plus de valeur à la veille.
Ça rejoint aussi le projet SITE-ID, que nous avons initié depuis deux ans chez Sindup et qui va passer en phase expérimentale en 2027. Il a vocation à traiter la question des droits d'auteur et des droits voisins, à l'ère de la fluidification nécessaire de l'accès à l'information premium et des nouveaux modèles économiques qui se dessinent dans la chaîne de valeur médiatique, notamment avec l'IA générative. Je vous invite à consulter la tribune publiée cet été sur ce sujet, ainsi que le site site-id.com, qui présente ce dispositif construit avec les organisations qui consomment de l'information, mais aussi avec les producteurs d'informations, très intéressés à expérimenter ces nouvelles chaînes de valeur.
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## Vers l'organisation apprenante *(≈ 10 min)*
**Mickaël Réault :** Au-delà de la question des sources, les plateformes de veille sont de moins en moins perçues comme de simples outils d'agrégation et de collecte, et de plus en plus comme un maillon dans une chaîne de valeur qui est l'intelligence collective, la transversalité, la capacité à mieux appréhender les évolutions de son environnement, à apprendre collectivement et à prendre les meilleures décisions possibles. C'est ce qu'on appelle l'organisation apprenante — qui nécessite des socles fonctionnels et des outils adaptés, mais aussi beaucoup d'accompagnement, d'animation, de communication interne, de formation et de sensibilisation.
C'est dans cet esprit que, depuis deux ans, nous animons en atelier dans les équipes la Fresque de la Connaissance, un atelier issu du centre de formation de Sindup, qui contribue à la vulgarisation de ce qu'est une fabrique de la connaissance dans une organisation. De façon ludique, en trois heures, il permet d'engager toutes les parties prenantes autour d'une vision partagée de l'ensemble du dispositif, où chacun peut apporter et retirer quelque chose. C'est une évolution des pratiques et des outils de veille dans la continuité de ce que l'on accompagne chez Sindup depuis plusieurs années, mais qui s'accélère énormément à l'ère de l'IA générative — ce qui fait d'autant plus ressortir la question du rôle et de la place des compétences humaines dans ce qui est mis en place.
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## Confiance, gouvernance et gestion du risque informationnel *(≈ 12 min)*
**Mickaël Réault :** Un autre point important à souligner : le rôle que les plateformes de veille occupent progressivement, celui d'une sorte de proxy, de tiers de confiance informationnelle, à la fois sur ce qui entre et sur ce qui sort de l'organisation. Cette gestion du risque informationnel est un sujet de plus en plus identifié au niveau des COMEX et des CODIR, quand on regarde les tables rondes et les enquêtes. D'une part, sur ce qui entre : si l'information est appauvrie, biaisée ou inexacte, cela peut infuser dans l'organisation et freiner la conduite du changement ou la capacité à innover. D'autre part, à l'inverse, un risque très identifié dans l'actualité — au-delà des cyberattaques, la fuite d'informations, avec des équipes qui poussent de l'information critique vers des services tiers sans véritable maîtrise des risques d'extraterritorialité ni des questions de gouvernance, d'usage, de cadre juridique et de souveraineté numérique.
Les plateformes ont donc un rôle à jouer sur ces deux jambes — ce qui entre et ce qui sort — en apportant non seulement des outils, mais aussi tout l'accompagnement et la transparence nécessaires pour casser l'effet boîte noire que peuvent avoir certaines IA grand public, avec une maîtrise et une traçabilité sur les critères et les différentes chaînes de traitement mises en œuvre, de sorte qu'on puisse expliquer pourquoi une information a été retenue et rediffusée au sein de l'organisation.
Au-delà de la question technique et méthodologique, la question de la gouvernance va être un sujet de plus en plus présent dans les benchmarks, les appels d'offres et les critères de choix. Parce qu'à un moment donné, la confiance dans une solution passe nécessairement par une logique de due diligence : savoir à qui on a affaire, comment les décisions sont prises, comment les engagements sont tenus dans la durée. C'est une question que nous avons prise à bras-le-corps chez Sindup, avec notre transformation annoncée cette année en société coopérative d'intérêt collectif, qui permet d'ouvrir notre gouvernance aux parties prenantes — utilisateurs, producteurs d'informations, partenaires, contributeurs, salariés et équipes de Sindup. C'est une dynamique que nous allons continuer d'animer et d'amplifier, et qui nous semble être l'avenir de la veille au sens large : la gouvernance de l'information et des communs numériques.
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## L'IA agentique et Detectup *(≈ 17 min)*
**Mickaël Réault :** Enfin, il y a l'IA agentique, qui prend une place considérable dans les processus des organisations — c'est déjà vrai aujourd'hui, et 2027 sera certainement l'année du passage à l'échelle de l'IA agentique, avec de plus en plus d'automatisation, y compris dans certaines décisions intermédiaires pour atteindre un objectif. Ce sont des sujets sur lesquels nous travaillons activement chez Sindup sous différents angles, notamment à travers la solution Detectup, une IA agentique et conversationnelle qui permet de déployer une démarche de veille collaborative même dans des organisations qui n'ont pas les compétences ou l'accompagnement pour s'équiper d'outils classiques — on se laisse guider par l'agent conversationnel, qui amène un cadre métier naturellement à travers les échanges.
Ce fonctionnement se retrouve désormais dans Sindup pour la version avancée, collaborative, avec tous les connecteurs qu'on peut déployer. Cela permet d'avoir un canal supplémentaire pour toucher un public plus large, y compris en interne dans des entreprises déjà équipées de systèmes de veille, en allant chercher toujours plus de bénéficiaires internes, capables de partir de leurs besoins à travers des questions en langage naturel pour interroger la base de connaissances issue du travail de veille. C'est une tendance qui s'accélère.
Maintenant que j'ai partagé la vision de Sindup, j'aimerais passer la parole à nos invités, Sylvie, Fiona et Alexis, pour des regards croisés — peut-être diamétralement opposés, complémentaires, ou pas. Carte blanche pour vous présenter, votre parcours professionnel et votre fonction aujourd'hui, puis réagir ou partager vos visions. Sylvie, tu veux prendre la main ?
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## Tour de table des invités *(≈ 20 min)*
**Sylvie Sage :** Merci Mickaël. Je m'appelle Sylvie Sage, je suis responsable du Business Research Center de Deloitte France. Pour donner un peu de contexte, mon équipe et moi travaillons pour l'ensemble de la firme, un cabinet d'audit et de conseil qui opère en B2B auprès de grands groupes français et internationaux, sur à peu près tous les secteurs d'activité économique. Nous ne sommes donc pas spécialisés sur une thématique ou un secteur en particulier : notre système de veille doit être en mesure d'amener toute l'information la plus pertinente, quel que soit le sujet.
**Fiona Noyer :** Merci. Je m'appelle Fiona Noyer, je suis analyste veille stratégique au sein du CCCA-BTP, une association qui concourt au développement de l'apprentissage dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Je suis issue à la base d'un master intelligence économique à l'IAE de Poitiers, et aujourd'hui je gère toute la veille au sein du CCCA-BTP, sur deux thématiques principales : l'apprentissage et le BTP.
**Alexis Wicikowski :** Merci. Moi, je suis Alexis Wicikowski, étudiant à l'École européenne d'intelligence économique, basée à Versailles. En parallèle, je suis alternant à CCI France, la chambre de commerce et d'industrie qui est la tête de réseau de toutes les chambres de commerce, en tant que chargé de projets stratégiques sur les sujets de valorisation des commerces et des élections des chambres. À côté, je travaille aussi sur l'intégration de l'IA en interne, sur les sujets d'éthique, d'utilisation et de transition, pour limiter tout ce qui est shadow IA au sein des collaborateurs.
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## Veille et recherche : une distinction à ne pas perdre *(≈ 21 min)*
**Sylvie Sage :** On a tous senti les nouvelles prérogatives de l'IA générative, mais aussi des automatisations qui se mettent en place plus largement — ça déplace un peu ce qu'on faisait. Pour autant, ce qui est important, c'est d'avoir la mainmise et la maîtrise sur les sources qui révèlent l'information. Il y a une différence entre aller regarder ce qui se dit sur une thématique à l'instant T — ce qui, pour moi, n'est pas de la veille mais de la recherche — et mettre sous surveillance une thématique, un secteur, un sujet ou une entreprise, pour savoir ce qui se passe au fur et à mesure de l'évolution de l'actualité. On a besoin de sites à surveiller spécifiquement, mais aussi d'une vision plus large : le principe du sourcing, c'est d'intégrer les sources connues par expérience, tout en gardant cette ouverture pour continuer à alimenter le dispositif avec d'autres sources au fur et à mesure, enlever les liens morts, etc. Ce sont des prérogatives qui existent toujours.
Avec les systèmes agentiques, on a l'impression de pouvoir passer par-dessus tout ça avec un simple prompt. Sauf que la question reste : pourquoi met-on quelque chose sous surveillance ? Il y a toujours un objectif derrière. Et ce qui est certain, c'est que ce qu'on cherche à faire, ce n'est pas le meilleur livrable au sens informatif — tout le monde s'informait déjà avant l'IA générative, c'est fait différemment mais c'est le même principe. La différence, c'est qu'on cherche plutôt le meilleur livrable au sens de celui qui va déclencher une décision. Entre un listing d'informations, même hyper pertinent, et une synthèse, plus personne n'a le temps de lire une longue liste. L'apport de l'IA générative, c'est de pouvoir faire des synthèses — pas de dévoyer tout un ensemble d'articles, la charge de creuser davantage reste à chacun. Mais l'intérêt, c'est d'avoir l'information de façon synthétique, ce qui n'empêche pas de lire ensuite en détail, dans la prise de décision.
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## Le rôle du veilleur se déplace, pas disparaît *(≈ 27 min)*
**Fiona Noyer :** Je rejoins ce qui a été dit sur le rôle du veilleur qui se déplace depuis l'arrivée de l'IA. Quand un collègue me demande de mettre en place une nouvelle veille, il y a des choses qui sont simplifiées grâce à l'IA générative — où chercher, comment paramétrer. C'est vraiment facilité, mais aussi enrichi, notamment tout ce qui est curation : on a plus d'informations, mieux qualifiées. C'est là qu'on voit, comme le disait Mickaël, l'humain redevenir au centre, parce que l'analyse en a d'autant plus besoin. Les gens savent maintenant où chercher l'information, y compris ceux qui faisaient déjà un peu de veille en sous-marin, avec leurs alertes. C'est là où l'IA nous challenge encore plus : on doit vraiment donner la plus-value, être des recontextualisateurs, des analystes, aller vers l'augmentation de l'information. Plus on aura d'IA générative, plus les tâches se simplifieront, ce qui nous laissera du temps pour prendre de la hauteur et diffuser des livrables à très haute valeur ajoutée.
**Sylvie Sage :** Un aspect positif qu'on voit aussi : avant, beaucoup de personnes faisaient de la veille sans trop le savoir, en recevant des newsletters, en allant sur des sites, sans le nommer. Aujourd'hui, tout le monde a mis un nom sur cette pratique : la veille IA. On pourrait se dire que si tout le monde fait de la veille, ça n'a plus de valeur. Mais en réalité, ça met en lumière la pratique et permet d'intéresser le plus grand nombre, en montrant qu'il y a plusieurs niveaux : on peut faire de la petite veille avec l'IA, mais dès qu'on construit quelque chose qui a plus de valeur, c'est là que le métier a toute sa place.
**Alexis Wicikowski :** Avec un aspect plus jeune dans l'évolution du métier, ayant travaillé sur des portails de veille tout au long de mes études et encore aujourd'hui dans ma junior entreprise : l'évolution qui arrivera, je pense, c'est principalement sur l'analyse qu'on va ressortir en tant que professionnels de veille ou d'intelligence économique. Ça part du constat de base, l'expression du besoin : on va exprimer un sujet qui va nous donner beaucoup plus d'informations grâce à l'IA, et le travail des veilleurs se fera davantage en amont, avec plus d'analyse et d'approfondissement, pour soumettre un livrable aux décideurs. Je ne pense pas que l'IA va remplacer les outils de veille ni les veilleurs, mais elle va déplacer la valeur du veilleur dans toute cette chaîne, dans la co-construction avec les plateformes de veille — ce qui fera gagner beaucoup de temps, mais en faisant attention aux questions de sécurité de l'information : à partir du moment où l'on exprime une demande sur une plateforme de veille via une IA, cette demande révèle déjà ce qu'on recherche.
Il y a aussi la multiplication d'articles créés par des agents IA en parallèle d'articles créés par des journalistes, avec un risque de désinformation ou de mésinformation qui va créer du bruit — il faudra donc toujours un œil humain pour vérifier l'information. Ma vision, c'est vraiment la restitution de la veille qu'on fait au quotidien : comment distribuer l'information pour qu'elle soit pertinente pour les personnes qui ont besoin d'un suivi régulier sur un sujet, plutôt que de livrer tout le contenu brut avec les sources sans travail de restructuration.
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## La confiance, l'hallucination et la question de la source *(≈ 28 min)*
**Adrien Sassot :** Il y a plusieurs questions dans le chat, on en reprendra certaines à la fin pour ouvrir de nouveaux sujets. Antoine, notamment, est 100 % d'accord sur la différence entre veille et recherche d'information — une notion qu'il doit d'ailleurs rappeler tous les jours à ses collègues. Sylvain demande aussi : comment éviter que la production croissante de contenus par l'IA ne dégrade la qualité de l'information sélectionnée par la veille ?
**Fiona Noyer :** Parler de confiance, typiquement — personne ne va aller vérifier toute la bibliographie derrière une synthèse, à part quelques bons élèves. Ça montre bien qu'il ne faut pas perdre ce réflexe : avoir la source, c'est ce qui permet d'avoir confiance dans les données. Dès qu'on n'a pas la source, ça peut commencer à interroger n'importe qui — maintenant, tout le monde a bien entendu parler des hallucinations et des fake news. Cela dit, même en ayant la source, il faut l'ouvrir, parce que parfois il y a de grosses erreurs derrière.
**Sylvie Sage :** Il y a un point que je voulais relever : on dit qu'on apporte de la forte valeur ajoutée en faisant de la synthèse, de l'analyse, mais il faut aussi se remettre à sa place — nous ne sommes pas des économistes. Ce qui est intéressant, c'est plutôt que ça puisse ouvrir le dialogue avec d'autres personnes de nos organisations, qui peuvent challenger ce qu'on a synthétisé — je ferais vraiment une différence entre synthèse et analyse. Il y a peut-être des profils très pointus en intelligence économique qui ont l'expertise, mais la plupart des veilleurs ont moins d'expertise sur un domaine que sur la technicité de la surveillance de la donnée. Ce n'est donc pas forcément à eux de prendre la responsabilité de dire « il faut faire ça plutôt que ça » — en revanche, ils peuvent faire des ponts avec des experts de la firme, au regard de la discussion, pour dire « ce serait intéressant de creuser ça » et le transmettre au client final. Ça peut aussi jouer sur la partie « knowledge » : embarquer non seulement la surveillance de sources externes, mais aussi la connaissance interne.
**Adrien Sassot :** Merci. Il y a une remarque d'Anne-Sophie sur le fait que l'IA peut apprendre le contexte métier pour livrer une analyse plus pertinente, au-delà de la simple synthèse ou du résumé.
**Fiona Noyer :** C'est vrai qu'il y a eu une évolution : il y a quelque temps, l'IA générative servait surtout à synthétiser et résumer, et aujourd'hui, de plus en plus, on le voit dans les projets clients, on va lui demander des rapports stratégiques, une analyse, dans un contexte avec un prompt personnalisé et des objectifs très précis — ça va très loin.
**Sylvie Sage :** Ce qu'on voit, c'est que le veilleur ne va pas être — comme le chef économiste capable de donner des recommandations au COMEX ou au CODIR, il ne faut pas mélanger les deux rôles — mais il va être là pour capter des informations et des signaux, se faire aider par l'IA pour travailler cette matière première, la digérer, la synthétiser, en lui donnant des éléments de contexte métier pertinents pour sa stratégie, et obtenir une pré-analyse. Ça évolue beaucoup dans ce sens au niveau des projets qu'on voit sur le terrain.
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## Trouver l'équilibre entre vitesse et précipitation *(≈ 39 min)*
**Mickaël Réault :** Je voudrais souligner, dans tout ce qui vient d'être dit, l'importance de trouver l'équilibre entre vitesse et précipitation — ça rejoint mon propos d'introduction. La question n'est pas de savoir si on peut tout automatiser, mais ce que l'on veut automatiser, et pourquoi. Si on prend la lecture d'un livre, ça prend du temps, mais ce temps de lecture permet d'intégrer beaucoup plus de connaissances, de créer des connexions avec nos autres connaissances et notre expérience, pendant une période plus ou moins longue, nourrie par des conversations qui viennent enrichir la réflexion. Si l'objectif est d'acquérir des connaissances nouvelles, de prendre du recul, de maturer, de créer du lien — ce que l'humain sait très bien faire — on n'a pas intérêt à automatiser la lecture et à se contenter d'un résumé en se disant qu'on n'a plus besoin de lire. C'est un cas extrême et caricatural, mais qui illustre bien l'idée de ne pas confondre « je pose une question, j'ai une réponse » avec tout le processus transverse qui, dans l'organisation, permet de créer la richesse de la veille au service de décisions stratégiques éclairées et fiables. Ça rejoint ce que disait Sylvie sur la transversalité et les regards complémentaires que peuvent amener les différentes expertises : le veilleur doit être capable d'aller solliciter en interne, et cela passe aussi par une intégration croissante dans les outils de communication interne, métiers et décisionnels.
**Adrien Sassot :** C'est justement un sujet qu'on abordera bientôt dans un prochain webinar, le 1er octobre — vous recevrez les communications pour vous inscrire si vous le souhaitez. Un des sujets qu'on a évoqué ici, l'hyperpersonnalisation, avait déjà été traité en webinaire avant l'été. On a transformé cette thématique en un vrai bras armé côté Sindup : notre programme d'open innovation Sindup.AI, qu'on a beaucoup expérimenté avec notre écosystème — clients, partenaires, même des personnes qui n'utilisaient pas la plateforme — sur la façon dont l'IA peut apporter de la valeur. L'idée, c'est qu'on ne peut pas tout inventer dans une seule plateforme, même en la rendant la plus accessible possible avec plein de fonctionnalités : il y a toujours des besoins spécifiques, et à l'ère de l'IA, tout le monde a l'habitude et le souhait d'avoir des choses hyper personnalisées. Un exemple sur les livrables : une même veille thématique diffusée à 150 collaborateurs ne donnera pas le même livrable à chacun — certains préféreront des tableaux de bord avec de la dataviz, d'autres des synthèses très resserrées avec juste le lien vers la source, d'autres encore quelque chose avec plus de storytelling. On peut imaginer plein de choses, et c'est dans ce sens qu'on avance, avec la technique derrière, mais toujours au service du résultat recherché.
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## Questions du public *(≈ 44 min)*
**Adrien Sassot :** Première question, de Jean-Sébastien : sur la production d'analyse à valeur ajoutée — si plus personne n'a le temps de lire, est-ce que le fait de sur-synthétiser ne fait pas perdre la complexité essentielle à la prise de décision ?
**Fiona Noyer :** Je veux bien en dire un mot, j'en ai un peu parlé tout à l'heure. C'est vrai qu'il faut faire attention à ne pas trop synthétiser, sinon on perd tout, et ça devient très standardisé — on ne voit même plus vraiment l'information. Il faut vraiment bien prompter pour que la synthèse soit intéressante. Au-delà de la synthèse, je pense qu'il faut utiliser toutes les possibilités des outils de présentation de la donnée qui font sens — la dataviz, un graphique — mais on ne peut pas se substituer à la personne qui doit prendre une décision complexe. Peut-être que notre rôle, c'est de redire que toute la valeur ajoutée de l'IA n'empêche pas d'avoir un regard plus large — ce qu'on essaie de faire, même si ce n'est pas toujours évident : à côté de la synthèse, il y a l'ensemble de la donnée, des dashboards, mais aussi des réunions, des points d'un quart d'heure sur le sujet. Et c'est là qu'on ajuste le livrable en fonction du niveau de connaissance et de la maturité de la personne en face, qui saura souvent mieux jauger l'information que nous sur son expertise métier.
**Mickaël Réault :** Juste un mot : l'idée que plus personne n'ait le temps de rien lire est évidemment poussée à l'extrême. En vrai, on a tous une bande passante pour s'informer et se documenter, et l'enjeu est d'optimiser ce temps-là. L'IA peut aider par l'identification et le repérage de l'information clé sur laquelle ça vaut la peine d'investir ce temps — c'est mettre en relation l'offre et la demande de manière optimale. Les cellules de veille sont là pour faciliter ce match entre l'offre d'informations et la demande, et les agents conversationnels sont très forts pour ça : ils permettent à celui qui a besoin d'une information de partir de son besoin singulier et d'interroger tout ce que la cellule de veille a pu produire, pour être orienté rapidement vers les éléments sur lesquels investir du temps de lecture, aller creuser, voir les sources primaires — pas seulement la synthèse de la cellule de veille. C'est un peu un jeu de Tetris pour bien optimiser cette bande passante.
**Adrien Sassot :** Autre question, dans le même esprit, de Sébastien : aujourd'hui, les utilisateurs finaux sont tentés — ou le font déjà — d'utiliser l'IA directement pour obtenir des informations et des synthèses, sans passer par la cellule de veille. Comment éviter cela ?
**Fiona Noyer :** Comme j'en parlais tout à l'heure, l'IA va peut-être augmenter cette pratique, mais c'est déjà une réalité dans la plupart des organisations : les gens font de la veille sans le dire. Comment l'éviter ? Je crois qu'il faut toujours apporter une valeur ajoutée, notamment via l'hyperpersonnalisation de la veille — leur montrer qu'on est capable d'écouter leurs besoins, de voir leurs objectifs et d'adapter le livrable en conséquence. Quand on n'a pas le temps de mettre en place un système bien paramétré, on a forcément du bruit et des informations moins qualitatives. C'est là que la place du veilleur est importante : prouver qu'on sait faire, et leur dire qu'on a le temps de leur faire quelque chose qui correspond vraiment à leur besoin.
**Alexis Wicikowski :** Pas grand-chose à ajouter, si ce n'est que c'est quelque chose d'inévitable, que ce soit pour la veille ou d'autres sujets liés à l'IA : il y aura toujours de l'utilisation hors cadre, parce qu'on gagne du temps, c'est nouveau, donc on teste — parfois sans faire attention à la sécurité. C'est inévitable, il faudra beaucoup de prévention et d'accompagnement.
**Mickaël Réault :** Je me permets de rebondir avec mon expérience chez Sindup : je pense que la question n'est pas comment l'éviter, mais comment faire avec, parce qu'on ne peut pas l'éviter. On voit aujourd'hui des collaborateurs qui vont être amenés à utiliser l'IA en autonomie. Ce qui est important, c'est de les aider à prendre conscience qu'une simple recherche ne fait pas une veille active, et à mettre en place, s'ils le souhaitent, des tâches planifiées récurrentes avec n'importe quel outil type Claude, pour qu'on soit vraiment dans de la veille plutôt que dans de la recherche. Mais vous, en tant que chargé de veille, vous avez de la valeur en apportant une matière première déjà qualifiée : la meilleure valeur d'une synthèse ou d'une analyse, c'est quand la matière première a déjà été préqualifiée par l'équipe. Aujourd'hui, on a des destinataires qui veulent recevoir l'essentiel de ce qui s'est passé sur une thématique sur une période donnée — plutôt que de demander de but en blanc à n'importe quelle IA un échantillonnage aléatoire et non exhaustif, mieux vaut que ça vienne du dispositif de veille, avec une plus forte exhaustivité, un sourcing contrôlé et une traçabilité — le résultat en aura d'autant plus de valeur.
**Adrien Sassot :** Une autre question, d'Imen, qui est dans le chat : avec l'évolution rapide de l'IA, comment le métier de veilleur doit-il évoluer pour préserver durablement sa valeur ajoutée, notamment en matière d'analyse, et quelles compétences faut-il développer ?
**Fiona Noyer :** C'est une question large, on a abordé beaucoup de sujets. Un angle complémentaire qu'on n'a pas forcément évoqué : celui de la communication. Le veilleur devient vraiment le mouton à cinq pattes, il doit faire plein de choses, dont communiquer sur son métier lui-même. C'est une vraie obligation, parce que chacun peut désormais faire sa propre veille avec ses outils, plus fortement qu'avant — même si tout le monde s'informait déjà un peu à sa façon, avec des newsletters, des alertes. Il faut communiquer et rendre ça attractif et compréhensible : c'est quoi la valeur ajoutée, c'est quoi la différence avec quelqu'un qui fait sa petite veille rapide mais qui fonctionne, même avec un système agentique qui envoie des mails réguliers ? Il faut repointer sur l'amont, la veille en tant que telle. Il y a aussi la question de qualifier l'information, avec des systèmes de tag qui peuvent se faire de façon automatisée et de plus en plus apprenante, mais qui restent utiles pour construire une base de connaissances retrouvable.
**Mickaël Réault :** Sur cette question, je pense que le chargé de veille va avoir besoin, si ce n'est pas déjà engagé, d'une montée en compétences sur les différentes facettes de l'IA — on a tendance à en parler comme d'un tout uniforme, alors qu'il y a plein de branches technologiques différentes, qui s'articulent et se complètent. Comprendre quelle brique technologique est pertinente pour quel usage, c'est important pour articuler son dispositif en connaissance de cause, sans perdre la maîtrise des processus. Ça, c'est le côté technique. Il y a aussi un côté plus juridique et « risk management » : des fonctions comme DPO sont apparues avec les données personnelles, et je pense que la gestion du risque informationnel est aussi une compétence à acquérir et à valoriser au niveau des professionnels de la veille — ce qui rejoint la communication interne, savoir parler de gestion du risque, de tiers de confiance, de souveraineté et de gouvernance au niveau des COMEX et des CODIR, pour s'adresser à leurs préoccupations et valoriser l'apport de la veille sur des enjeux qui les dépassent, et montrer comment les compétences de veille peuvent s'inscrire dans les investissements et priorités de la direction.
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## Un conseil pour les veilleurs, débutants ou confirmés *(≈ 57 min)*
**Adrien Sassot :** On arrive bientôt à l'heure de notre échange. Pour conclure, un petit défi, un tour de table : si vous aviez un conseil, une remarque, un élément à partager d'un veilleur expérimenté vers un nouveau veilleur — peu importe l'expérience — dans le cadre de cette transformation du métier ? Il y a eu plein d'autres questions, nous prendrons le temps d'y répondre par mail, et n'hésitez pas à contacter directement nos intervenants, notamment via LinkedIn, pour poursuivre cet échange qui n'a pas vraiment de fin — c'est un sujet ouvert. Qui veut se lancer, chacun son tour ?
**Alexis Wicikowski :** Je n'ai pas énormément de choses à ajouter, mais en substance : il faut prendre la situation avec son temps. L'IA va continuer d'avancer, d'évoluer, et va faire évoluer nos méthodes de travail au quotidien. Il faut l'intégrer, avoir une double analyse — le veilleur et l'IA — et l'utiliser pour continuer à progresser, en ayant toujours en tête de maîtriser l'information et sa source, et de vraiment comprendre ce qu'on produit avec nos portails de veille.
**Sylvie Sage :** Merci. Je dirais juste un mot : toujours avoir envie, développer la curiosité — c'est ce qu'on a en ADN dans nos métiers, c'est ce qui nous tient. Il ne faut pas s'endormir, quel que soit le système ; au contraire, je trouve que parfois ça va presque trop vite — j'exagère, mais il y a toujours cet effet « waouh » suivi de la nécessité de tout refaire. C'est un peu comme sur Spotify : il faut continuer à ancrer son envie dans son métier.
**Fiona Noyer :** Merci Sylvie, je rejoins complètement ce qui vient d'être dit : ne pas se laisser endormir par l'IA, et continuer à lire, à creuser les sujets, parce que l'IA fait de très belles synthèses. Continuons à ne pas devenir experts de tous les sujets, mais à savoir qualifier une information, à savoir détecter la petite phrase ou le petit chiffre qui donnera la vraie plus-value à l'information.
**Mickaël Réault :** Merci Fiona. Dans la continuité : ne pas perdre le contrôle et la maîtrise. L'IA est un outil extrêmement puissant — un peu comme quand on est au volant d'une voiture très puissante, capable d'aller à 260 km/h : on n'a pas nécessairement envie d'y aller, parce qu'on risque de perdre la maîtrise du véhicule et de partir dans le décor. On croit aller plus vite, mais en fait on n'arrive même pas à destination. C'est le même enjeu avec l'IA : l'utiliser sans confondre vitesse et précipitation, et garder la maîtrise des processus de veille. Ne pas perdre les fondamentaux, ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain face au chant des sirènes des outils qui promettent de tout faire en un clic. Ne pas oublier que c'est un processus : si on le coupe trop, si on l'accélère trop, ça peut devenir contre-productif.
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## Clôture *(≈ 61 min)*
**Adrien Sassot :** Merci beaucoup pour vos interventions, et merci à tous pour votre participation. Il y a énormément de remerciements dans le chat pour nos intervenants. Nous vous partagerons la suite par mail, vous recevrez le replay. N'hésitez pas à poursuivre les échanges si vous le souhaitez, c'est toujours un plaisir d'échanger. On vous souhaite une très bonne journée, et à la prochaine fois pour un prochain webinar !





