Les collectivités émergent aujourd’hui comme des acteurs incontournables de la transition énergétique, alors que la production d’énergie tend à évoluer vers un modèle plus décentralisé.

Dans un rapport soulignant le « rôle moteur des villes » sur le sujet, le think-tank REN21 évoquait une hausse « considérable » du nombre de projets d’énergie citoyenne, dont la gouvernance est partagée entre acteurs publics locaux et particuliers. Très développés en Allemagne ou aux Pays Bas, ces projets gagnent aujourd’hui du terrain en France.

En décembre dernier, se tenaient les 1ere Assises nationales des énergies renouvelables citoyennes, organisées notamment par l’Ademe et Energie partagée, mouvement de soutien à ces projets. A cette occasion, l’Ademe soulignait dans une note le  « rôle crucial » des collectivités, à la fois dans la « mobilisation des partenaires et des particuliers » mais aussi dans la mise en place de « projets cohérents avec les spécificités du territoire ». L’organisme soulignait par ailleurs des retombées économiques et sociales considérables pour le territoire.

Un point également mis en avant dans une étude d’Energie partagée : partant d’un calcul appliqué à 36 projets, puis extrapolant les résultats à 98 installations(1), l’association chiffrait les retombées locales à près de 100 millions d’euros (fiscalité, loyers, emplois et revenus sur l’investissement). Pour l’organisme, la rentabilité de ces projets pour le territoire se révèle 2 à 3 fois plus importante que celle des initiatives privées.

Parmi les exemples, on peut citer EnerCit’IF, première coopérative parisienne œuvrant à la mise en place de panneaux solaires sur les toits privés et publics et soutenue par Energie partagée, la Région Ile de France ou encore la Mairie de Paris, et par plus de 300 parisiens.

Mais la démarche la plus ambitieuse en France demeure celle de la Région Occitanie qui vise à devenir la « première Région à énergie positive d’Europe ». Associée à l’Ademe, la région multiplie les appels à projets et à manifestation d’intérêt. Depuis 2014, 46 projets ont été soutenus par la Région, qui annonçait un nouvel appel en septembre 2019. Une initiative qui s’appuie sur le réseau régional Energies Citoyennes Locales et Renouvelables en Occitanie (ECLR), créé en 2015 pour « incarner cette montée en compétences collective et développer des espaces d’échanges entre porteurs de projets ».

En 2019, l’Ademe dénombrait 236 projets « d’énergie renouvelables à gouvernance locale et plus de 11 000 citoyens mobilisés, bien que cela représente encore moins de 1% des projets d’énergie renouvelables en place. Le modèle se place au cœur du fonctionnement du fournisseur d’énergie verte Enercoop, qui met en avant une « réappropriation citoyenne de l'énergie ». Enercoop se positionne d’ailleurs comme acteur engagé du réseau ECLR en Occitanie ou encore d’EnerCit’IF.

Du côté des autres acteurs, les initiatives vont plutôt vers des appels aux financements participatifs. EDF Renouvelables et WisEED ont ainsi récemment lancé des campagnes pour les projets solaires d’Ambès et d’Artix. Autre exemple : le projet d’Eoliennes Flottantes du Golfe du Lion, mené par Engie, a mobilisé la participation de plus de 850 contributeurs de la région Occitanie avant d’être ouvert au niveau national et d’atteindre 1 million d’euros sur la plateforme Enerfip.

(1) Ensemble du parc citoyen éolien et photovoltaïque en exploitation à l’échelle nationale à la date de juin 2019

 

Observatoire Energie, le 13 Février 2020

L'application mobile

Ne perdez pas le fil !

Les observatoires délivrent des publications synthétiques permettant de suivre et de décrypter les grandes mutations en cours avec une vision globale et transversale. Citoyens, étudiants, dirigeants, collaborateurs, territoires : l'objectif est de permettre à chacun de prendre position et de réagir à son échelle en partageant un socle commun d'informations. 

EN SAVOIR PLUS

 

 

 

Partager cet article
Partager sur FacebookPartager sur TwitterEnvoyer à un amiCopy to clipboard